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Des primaires communes pour redynamiser la démocratie
Tribune de RG Schwartzenberg parue dans Libération le 18 septembre
Combien de temps faut-il pour faire accepter une idée neuve par les appareils de gauche ? Cinq ans. En 2004, j’avais, au nom du Parti radical de gauche (PRG), préconisé un nouveau type de primaires présidentielles, à la fois ouvertes aux sympathisants - au-delà des seuls adhérents - et communes aux divers partis de gauche, au lieu des procédures de désignation séparées actuellement en usage.
L’objectif : parvenir dès le premier tour de la présidentielle à une candidature d’union, bénéficiant d’une forte légitimité. A l’époque, la direction du PS, en fait peu désireuse de rompre avec les habitudes, avait exprimé son intérêt pour cette réforme, mais invoqué les difficultés matérielles de sa mise en œuvre. J’avais alors déposé à l’Assemblée nationale, en février 2006, une proposition de loi détaillant les modalités juridiques et techniques de ces primaires.
Si on demeure en l’état, l’élection présidentielle sera très déséquilibrée entre la droite - qui s’est regroupée dans l’UMP et dans un comité de la majorité allant du Nouveau Centre au Mouvement pour la France - et la gauche de gouvernement - qui reste morcelée en cinq partis, susceptibles de présenter chacun son propre candidat. Avec le risque de voir le camp progressiste évincé dès le premier tour, comme le 21 avril 2002.
Même si cela n’arrive pas, une gauche dispersée verra son principal candidat obtenir entre 20 à 25 %, alors que le représentant de l’UMP disposera d’un socle de 35 à 40 %. Or, l’écart du premier tour prédétermine l’issue du second. Une certaine unité de candidature est donc nécessaire. Et celle-ci ne sera rendue possible que par l’organisation de primaires conciliant pluralisme et partenariat. Dans ce cas, plusieurs candidats à la candidature, appartenant au PS mais aussi aux formations proches (PCF, PRG, MRC, Verts), participeraient ensemble à ce processus pour investir un challenger commun à l’Elysée.
La gauche doit renoncer à l’immobilisme et aux routines. Le patriotisme de parti est certainement estimable, sauf s’il tourne à l’esprit de boutique. Le repli sur soi est assurément confortable, sauf s’il pérennise la balkanisation de l’espace progressiste. L’idée de primaires de toute la gauche a mis longtemps à être admise. En août 2008, la fondation Terra Nova l’écartait, avant de changer récemment d’avis.
Désormais, le PS est favorable à des primaires de ce type, comme le sont le PRG et le MRC. Martine Aubry a fait approuver cet objectif par le conseil national du 12 septembre. Pour le PCF et les Verts, en revanche, le premier tour de l’élection présidentielle leur permet, par sa forte médiatisation, de diffuser leur message. L’objection ne vaut guère. Car cet effet d’audience existerait tout autant avec des élections primaires certainement aussi médiatisées qu’un premier tour de présidentielle.
Par ailleurs, le scrutin présidentiel n’obéit pas à la même logique que les élections européennes qui, se déroulant à la proportionnelle et ne portant pas sur un enjeu de gouvernement, tendent souvent à favoriser les petits mouvements. Le PCF et les Verts risquent d’obtenir au premier tour de 2012 des scores limités, comme en 2007 où ni Marie-George Buffet ni Dominique Voynet n’avaient atteint les 2 %.
Que gagneraient-ils à recommencer une expérience qui, au lieu de les renforcer, sous-évaluerait probablement leur poids réel ? Il faut lever ces réserves en tenant une rencontre au sommet des partis de gauche spécialement consacrée à ce projet de primaires communes, qui créerait un nouvel élan civique et redynamiserait la démocratie.
L’objectif : parvenir dès le premier tour de la présidentielle à une candidature d’union, bénéficiant d’une forte légitimité. A l’époque, la direction du PS, en fait peu désireuse de rompre avec les habitudes, avait exprimé son intérêt pour cette réforme, mais invoqué les difficultés matérielles de sa mise en œuvre. J’avais alors déposé à l’Assemblée nationale, en février 2006, une proposition de loi détaillant les modalités juridiques et techniques de ces primaires.
Si on demeure en l’état, l’élection présidentielle sera très déséquilibrée entre la droite - qui s’est regroupée dans l’UMP et dans un comité de la majorité allant du Nouveau Centre au Mouvement pour la France - et la gauche de gouvernement - qui reste morcelée en cinq partis, susceptibles de présenter chacun son propre candidat. Avec le risque de voir le camp progressiste évincé dès le premier tour, comme le 21 avril 2002.
Même si cela n’arrive pas, une gauche dispersée verra son principal candidat obtenir entre 20 à 25 %, alors que le représentant de l’UMP disposera d’un socle de 35 à 40 %. Or, l’écart du premier tour prédétermine l’issue du second. Une certaine unité de candidature est donc nécessaire. Et celle-ci ne sera rendue possible que par l’organisation de primaires conciliant pluralisme et partenariat. Dans ce cas, plusieurs candidats à la candidature, appartenant au PS mais aussi aux formations proches (PCF, PRG, MRC, Verts), participeraient ensemble à ce processus pour investir un challenger commun à l’Elysée.
La gauche doit renoncer à l’immobilisme et aux routines. Le patriotisme de parti est certainement estimable, sauf s’il tourne à l’esprit de boutique. Le repli sur soi est assurément confortable, sauf s’il pérennise la balkanisation de l’espace progressiste. L’idée de primaires de toute la gauche a mis longtemps à être admise. En août 2008, la fondation Terra Nova l’écartait, avant de changer récemment d’avis.
Désormais, le PS est favorable à des primaires de ce type, comme le sont le PRG et le MRC. Martine Aubry a fait approuver cet objectif par le conseil national du 12 septembre. Pour le PCF et les Verts, en revanche, le premier tour de l’élection présidentielle leur permet, par sa forte médiatisation, de diffuser leur message. L’objection ne vaut guère. Car cet effet d’audience existerait tout autant avec des élections primaires certainement aussi médiatisées qu’un premier tour de présidentielle.
Par ailleurs, le scrutin présidentiel n’obéit pas à la même logique que les élections européennes qui, se déroulant à la proportionnelle et ne portant pas sur un enjeu de gouvernement, tendent souvent à favoriser les petits mouvements. Le PCF et les Verts risquent d’obtenir au premier tour de 2012 des scores limités, comme en 2007 où ni Marie-George Buffet ni Dominique Voynet n’avaient atteint les 2 %.
Que gagneraient-ils à recommencer une expérience qui, au lieu de les renforcer, sous-évaluerait probablement leur poids réel ? Il faut lever ces réserves en tenant une rencontre au sommet des partis de gauche spécialement consacrée à ce projet de primaires communes, qui créerait un nouvel élan civique et redynamiserait la démocratie.
Rédigé par Cercle Jean Zay PRG Romilly
23/09/2009